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Réactions

 

Suite à la diffusion du documentaire de Donatien Lemaitre, «Le Business du commerce équitable », sur Arte en juillet dernier, vous avez été nombreux à nous questionner.

Nous reproduisons les réactions des principaux acteurs du commerce équitable dont la position de Fair(e) un mon de équitable, dont nous sommes membres et que nous partageons.

 REACTION DE MAX HAVELAAR 
Réponse au Documentaire de Donatien Lemaitre, «Le Business du Commerce equitable », dont la rediffusion sur Arte est prévue le 15 juillet 2014.

Le système Fairtrade est en permanente évolution et progrès. Rien n’est jamais acquis, rien n’est entièrement gagné lorsqu’il s’agit d’améliorer les conditions de vie et de travail de millions de personnes. Mais ce qui reste certain, c’est qu’en quelques décennies, le commerce équitable a permis à de nombreux producteurs, travailleurs et à leurs communautés de vivre mieux.

A l’occasion de la rediffusion par Arte du documentaire « Le business du commerce équitable », l’association Max Havelaar France souhaite rappeler sa position face à ce reportage et mettre en perspective les critiques émises afin de rétablir plusieurs vérités.

Le documentaire soulève des questions importantes, notamment en matière d'inégalité des producteurs les plus pauvres et des travailleurs migrants, en particulier en République Dominicaine.

Nous déplorons toutefois que ce film ne présente qu’une vue très parcellaire et partiale du système Fairtrade / Max Havelaar, et de ce fait minore les bénéfices pour les producteurs et travailleurs, tout en jetant un discrédit sur un fonctionnement du commerce équitable qui a largement prouvé son efficacité et son impact auprès des producteurs et des travailleurs du Sud, au cours de ces dernières décennies.

Les images montrées dans le documentaire contrastent fortement avec nos valeurs de transparence et d’ouverture. Pendant plus d’un an, pendant que le reportage se préparait, Fairtrade International, FLO-Cert et Max Havelaar France, notamment, ont été en contacts réguliers avec le journaliste et ont répondu à toutes ses questions. Ce que ne traduit pas le reportage final.

Comme le souligne Marike de Peña, directrice de la coopérative de producteurs de banane Banelino, et depuis, Présidente de Fairtrade International « J'ai été extrêmement déçue lorsque j'ai regardé le documentaire », « Nous avons parlé longuement au journaliste sur les vastes défis auxquels nous sommes confrontés en République Dominicaine et sur le travail que Fairtrade / Max Havelaar réalise afin d’améliorer la vie des producteurs et de leurs travailleurs haïtiens. Par exemple, 60% de la prime de développement perçue par Banelino est consacrée aux services médicaux, sociaux, éducatifs et autres qui profitent à tous les producteurs, travailleurs et leurs familles. D'autres coopératives engagées dans le système réalisent également des investissements significatifs dans les services sociaux pour toute la communauté. »

La problématique des travailleurs Haïtiens en République Dominicaine

Ce documentaire ne saisit pas l’opportunité de parler du travail que mène Fairtrade / Max Havelaar pour essayer de faire face à ce problème, qui a des racines historiques profondes en République dominicaine. On estime que sur les quelque 700 000 Haïtiens travaillant en République Dominicaine, 90% sont sans papiers. Voir une déclaration de Fairtrade sur les récents changements apportés aux lois dominicaines d’immigration.

De façon générale, les organisations de petits producteurs travaillent pour améliorer la situation de leurs travailleurs haïtiens. C’est le cas des sept organisations de petits producteurs certifiées Fairtrade / Max Havelaar en République Dominicaine, dont Banelino, en étroite collaboration avec des organisations de renommée internationale telles que l'Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les droits et la sécurité des travailleurs, le dialogue social, les syndicats, la loi sur l'immigration, le travail des enfants, etc. Les petits producteurs travaillent également à améliorer la situation des travailleurs haïtiens, comme cela est expliqué sur le site web de Banelino. Dans le documentaire, en utilisant les dépenses réalisées par Banelino en 2010, le journaliste affirme que Banelino a aidé 20 travailleurs à régulariser leur situation en utilisant des fonds de la prime de développement. Ces autorisations de travail coûtaient environ 22€, renouvelables tous les six mois. Or, Banelino a dépensé 11 000$ en 2010-2011 afin d’aider la majorité des travailleurs à obtenir ces autorisations. Fairtrade International a reçu la correspondance officielle de la Direction de l’immigration dominicaine qui indique le nom des 526 travailleurs ayant reçu une autorisation. La vérité sur les revenus des petits producteurs de banane.

Les petits producteurs de banane de Banelino exploitent des parcelles de 5 hectares en moyenne, et leur revenu moyen est bien en dessous de ce qu’affirme le journaliste qui confond revenu et chiffes d’affaires. Le chiffre mentionné dans le reportage est totalement trompeur, car il ne tient pas compte du fait que les petits producteurs doivent payer leurs coûts de production, l'emballage, les salaires, l’alimentation et le transport. Le salaire d'un producteur comme Ramon (dénommée "Mongo" dans le film), serait ainsi en moyenne d'environ 100 euros par mois, pas beaucoup plus élevé que celui des travailleurs. Les producteurs de Banelino payent à leurs travailleurs une rémunération supérieure au salaire minimum légal.

La certification Fairtrade / Max Havelaar en faveur des travailleurs des plantations.

Le système Fairtrade a mis en place depuis de nombreuses années, une certification pour les plantations avec des cahiers des charges spécifiques et différents de ceux des organisations de petits producteurs. Il s’agit, dans ce cas, de protéger les droits des travailleurs agricoles, très nombreux dans certaines filières comme la banane, le thé ou encore les fleurs. Les bénéficiaires sont les travailleurs et non les propriétaires des plantations. Une révision des cahiers des charges s’est achevée en début d’année et un travail a débuté pour renforcer encore plus la position des travailleurs : renforcement de la liberté d’association et de la place des syndicats, négociations salariales en vue d’atteindre un salaire décent, autonomie totale des organisations de travailleurs pour l’utilisation de la prime de développement.

La séquence du reportage sur la grande plantation en République Dominicaine offre une vision réductrice et simplificatrice du contexte socio-économique local. Les écarts importants de richesse entre travailleurs migrants haïtiens d’un côté et propriétaires de plantations exportateurs de bananes de l’autre sont effectivement bien réels. Mais, cette situation est propre à toutes les grandes cultures d’exportation employant une main d’œuvre abondante, et au sein desquelles les travailleurs agricoles constituent toujours le maillon le plus vulnérable. C’est précisément pour cette raison que les travailleurs agricoles constituent une des cibles prioritaires du système Fairtrade / Max Havelaar. La plantation concernée dans le reportage, engagée dans le système Fairtrade / Max Havelaar depuis de nombreuses années, est, à cet égard, l’une des plus avancées de République Dominicaine en termes d’amélioration des conditions de travail et des conditions de vie des travailleurs. C’est également l’une des premières à s’être engagée dans le processus de légalisation de ses employés haïtiens, malgré les nombreuses difficultés administratives et le coût important que représente chaque légalisation. Il est important de rappeler que les petits producteurs sont les principaux bénéficiaires du commerce équitable labellisé Fairtrade / Max Havelaar. Sur les 1149 organisations bénéficiant du système Fairtrade / Max Havelaar, 80% sont des organisations de petits producteurs. Deux bananes sur trois labellisées Fairtrade / Max Havelaar vendues dans le monde proviennent d'une organisation de petits producteurs.

Fairtrade International et FLO-CERT, une indépendance établie et reconnue.

A l’inverse de ce qui est déclaré dans le documentaire, l’organisme FLO-CERT est une entité juridique distincte et indépendante de Fairtrade International. Il est agréé ISO 65, ce qui lui reconnaît cette indépendance dans le monde entier. C’est aussi l’indicateur d’un organisme de certification, compétent et impartial, ce qui constitue un élément fondamental et essentiel de tout système de certification crédible.

Comme toute organisation non gouvernementale, il nous reste encore du chemin à parcourir dans la lutte que nous menons au quotidien pour améliorer les conditions de vie des petits producteurs de pays du Sud et de leurs familles.

L’association Max Havelaar France, comme les autres associations ou fondations, membres de l’ONG Fairtrade International, présentes dans 24 autres pays, se bat pour changer l’équilibre du commerce mondial, au profit du premier et du plus faible maillon de la chaîne, le petit producteur. Notre but ne sera atteint que lorsque les consommateurs choisiront plus fréquemment des produits issus du commerce équitable, seul moyen de permettre aux producteurs de vivre mieux.

Marc Blanchard Directeur général Association Max Havelaar France.

Pour en savoir plus sur un des thèmes abordés dans le documentaire, voir la FAQ ci-dessous. 
Liens vers : FAQ Nos garantiesmaxhavelaar.org Les réponses 2013 de FAIR[e], PFCE, AVSF…  

 REACTION DE FAIR(e)

 

 REACTION D'AVSF

Le commerce équitable enrichirait-il de grands propriétaires confortablement installés dans des maisons de luxe sur des plantations où trimeraient des travailleurs exploités, mal logés, mal payés et sans contrats ? Enrichirait-il des multinationales bien peu soucieuses des droits de leurs travailleurs sur leurs plantations ? Ne serait-t-il devenu qu'un "business" comme un autre, sans foi ni loi ? Parce que depuis 35 ans, nous avons accompagné plus de 90 organisations paysannes du Sud pour la commercialisation de leurs produits et sur les filières du commerce équitable, nous sommes bien placés pour témoigner des impacts réels du commerce équitable. Or ils sont bien loin de ceux que nous donne à découvrir Donatien Lemaître dans son reportage !


De nombreuses études indépendantes ont montré que le commerce équitable constitue un formidable outil de renforcement des capacités des organisations paysannes des pays du Sud. Et c'est bien pour cela qu'il a été créé ! Oui, l’accès à des marchés plus rémunérateurs, biologiques, gourmets, d’origine ou même conventionnels leur permet de mieux rétribuer les paysans, hommes et femmes, et d'améliorer leurs conditions de vie. Ces organisations sont venues rompre des situations de monopoles d'acheteurs tout puissants au bénéfice de toutes les familles paysannes de leurs zones d’influence. Elles ont rendu visibles et légitimes sur leur territoire des familles paysannes, historiquement marginalisées et exclues des espaces de prise de décision.

Oui, le reportage de Donatien Lemaitre pose pourtant une question fondamentale qu'AVSF pose depuis longtemps aux labels : quelle place laisser aux plantations qui salarient des travailleurs au profit d'entrepreneurs privés, de même qu'aux multinationales de l'agroalimentaire qui rentrent en concurrence avec les organisations paysannes en totale contradiction avec les fondamentaux du commerce équitable ? Comme dans toute démarche innovante qui bouscule les intérêts économiques de certains, il existe donc des risques mais aussi des marges de progrès pour consolider un commerce équitable exempt de toute critique.

Mais en passant sous silence l'impact positif du commerce équitable sur les organisations paysannes (85% des producteurs concernés),  ce traitement journalistique "à charge" et sensationnaliste - auquel ne nous a pas habitué ARTE – contribue non pas à élever le débat pour consolider le commerce équitable que nous souhaitons tous, mais bien plus à jeter un total  discrédit sur cette démarche pour laquelle nombreux sont ceux qui comme  nous, se sont battus et continuent à le faire. Le "business" du commerce équitable se développe ; faut-il le dénoncer ou encore y croire en restant très exigeants et vigilants ? Nous optons résolument pour la 2nde option.

Lire notre tribune "20 ANS APRÈS, LE COMMERCE ÉQUITABLE SERT-IL ENCORE À QUELQUE CHOSE ?

 

 REACTION ETHIQUABLE

Lettre ouverte à ARTE ou Réaction épidermique au Théma sur le commerce équitable diffusé sur ARTE le mardi 15 juillet à 20h50

LE JOUR OÙ J’AI REGARDÉ ARTE ET J’AI CRU ÊTRE SUR W9.

Cet été, ARTE a diffusé le documentaire de Donatien Lemaître, « le business du commerce équitable ». Tout est dit dans ce titre racoleur. Il promet révélations et scandales en cascade. Plus encore, il distille l’idée selon laquelle il suffirait qu’un produit soit étiqueté équitable pour que des hordes de consommateurs frénétiques l’achètent et fassent ainsi la richesse bien honteusement gagnée de certaines marques dites éthiques.

Pour attirer plus de téléspectateurs sur la 7 ce soir-là, ARTE précise que « l'idée généreuse du commerce équitable est de plus en plus récupérée par des as du marketing ou des multinationales en quête de virginité. »

Oui, il s’agit bien d’ARTE, dont la ligne éditoriale nous invite à « voir plus loin » et nous propose d’« interroger le monde » avec ses fameux Théma. Étonnant, non ?
Nota bene : si à aucun moment Ethiquable n’est cité dans le reportage, les réactions et les doutes qui nous reviennent de nos consommateurs nous appellent à réagir aujourd’hui. 

Vous êtes nombreux à réagir à cette lettre ouverte sur ce site et sur les réseaux sociaux (facebook & twitter). Merci de nous lire si attentivement et de nous encourager à agir !

CE SOIR-LÀ, PLUS DE 590 000 TÉLÉSPECTATEURS ONT PU S’OFFUSQUER DE SCANDALES CONCERNANT DES MULTINATIONALES… QUI NE PRATIQUENT PAS LE COMMERCE ÉQUITABLE.

Comment comprendre que plus de la moitié du reportage enquête sur une plantation de thé de Lipton, marque de la multinationale Unilever ? Serions-nous tous passés à côté de l’engagement de la multinationale aux 2 milliards de consommateurs quotidiens dans le commerce équitable ?

Non ! Il s’agit simplement d’un amalgame – assez pervers, voire malsain ? – qui laisse croire aux téléspectateurs que la certification Rainforest des plantations Lipton relève du commerce équitable.

L’organisation Américaine Rainforest, en l’occurrence, cherche avec son label à « enrayer les principaux moteurs de destruction de l’environnement : l’exploitation forestière, l’expansion agricole, l’élevage et le tourisme. » Pour ce faire, elle a créé un label de développement durable sans critère économique (pas de prix minimum garanti, pas de préfinancement des récoltes,…) et plutôt faible sur le droit social. Où est le commerce équitable ?

Cet amalgame invraisemblable est tellement matraqué qu’à l’écran, il est bien difficile pour le téléspectateur de ne pas se laisser aspirer par une spirale de révolte contre le commerce équitable.

Et si la réalité des travailleurs sur cette plantation de thé est choquante, il n’est pas question de créditer le commerce équitable de ces pratiques.

« 20 ANS DE COMMERCE ÉQUITABLE… C’EST COMME SI RIEN N’AVAIT CHANGÉ »

Une deuxième partie de l’enquête s’intéresse enfin au commerce équitable avec des séquences qui varient du malhonnête au manque de contextualisation. 

Commençons par une des manipulations du film.

L’enquête nous amène au fondateur du label Max Havelaar, Frans van der Hoff. Ce « prêtre ouvrier », toujours très actif au sein de la coopérative UCIRI au Mexique, a un franc parlé et sait rappeler à l’organisation internationale ce qu’est devenue Max Havelaar, ses origines et ses valeurs. 

Une séquence nous montre un journaliste empêché d’approcher Frans van der Hoff au cours d’une manifestation en France. Avec un commentaire sans appel : « Le pape du commerce équitable est réduit au silence comme si Max Havelaar voulait à tout prix maintenir cette image angélique d’un label au service des petits producteurs ».

A aucun moment, il n’est dit ou montré que Frans van der Hoff a annulé par mail la demande d’entrevue du journaliste ayant appris son attitude en République Dominicaine peu respectueuse des producteurs et des coopératives.

Notons plus loin une séquence qui manque cruellement d’analyse et de contextualisation. On nous montre un groupe de paysans qui récoltent le café, en prière, avec ce commentaire : « Ces paysans produisent du café équitable depuis 20 ans et pourtant ils prient chaque main pour sortir de la misère. C’est comme si rien n’avait changé. »

Il n’est pas sérieux de faire un constat global à partir du discours improvisé d’un pasteur au bord d’un champ.

Porter un diagnostic sur une économie paysanne n’est pas chose aisée, même avec une formation de journaliste et une carte de presse d’une grande agence. De tels diagnostiques reposent sur des notions de sociologie locale et d’une connaissance des trajectoires historiques communautaires. Il est bien risqué d’interviewer n’importe qui sur le bord d’un chemin, sans qu’on sache ce qu’il représente et le contexte dans lequel sont prélevés ses propos.

Utiliser des scènes de la vie paysanne que connaissent bien ceux qui ont un peu tourné sur le terrain pour illustrer un quelconque apriori est une vraie manipulation. 

Une coopérative paysanne est le résultat d’une construction sociale, avec ses leaders, ses instances de décisions. Pourquoi ne pas avoir donné la parole aux leaders paysans qui auraient pu expliquer leur combat et la dynamique de changement dans laquelle ils se trouvent. Ils auraient pu expliquer en quoi le commerce équitable a contribué à ces changements.

Et nous soulignons la notion de « contribuer à ». Pour les organisations paysannes, il s’agit bien de s’appuyer sur le commerce équitable qu’elles considèrent comme leur appartenant pour impulser des changements.

Surtout, s’il y a une filière pour laquelle on ne peut contester l’impact, c’est bien le café en Amérique latine. Certes les producteurs de café restent des petits producteurs et ils n’ont pas avec le commerce équitable acquis un niveau de vie à l’occidentale. Mais l’impact sur le niveau de vie est sans égal.

A nouveau, ce changement en profondeur n’est pas strictement le résultat du commerce équitable car de nombreux autres facteurs ont joué. Mais ce qui est certain, c’est que sans commerce équitable, il n’aurait pas pu émerger de cette façon.

Notre propos n’est pas une vue de l’esprit ou une affirmation pour justifier notre existence. Il repose sur 10 ans d’observation sur le terrain du travail accompli par nos partenaires du Sud.

Durant toute l’année 2013, le cours international du café était autour de 115 USD/sac. Les achats dans les conditions du commerce équitable se faisaient au prix mini garanti du café bio de 190 USD chez FLO (label Fairtrade/Max Havelaar) et 220USD chez SPP (Symbole Producteurs Paysans). Lorsqu’en début d’année les prix du marché sont montés autour de 200 USD/sac, les achats équitables se sont effectués au prix du marché + 50 USD (label Fairtrade/Max Havelaar) ou + 60 USD(Symbole Producteurs Paysans). Au cours des dernières décennies, ce mécanisme de rattrapage a permis aux coopératives de payer de réels surprix aux producteurs et de développer des services techniques et sociaux.

Partout en Amérique latine, le constat est le même : le système de production a été complètement transformé. Les producteurs ont agi sur la qualité, ont rénové les plantations, renforcé leurs capacités de négociation lorsque au départ il leur était impossible d’accéder directement à l’export.

Les coopératives ont réalisé des investissements, acquis des unités de transformation du café, aidé les producteurs à s’équiper au niveau des villages pour dépulper et sécher les cerises de café. Elles ont investi dans la formation des femmes et des hommes : pour de nouvelles techniques agricoles, pour diversifier la production, pour gérer des activités collectives,…

La situation n’est pas pour autant idyllique. Chaque coopérative a ses spécificités, ses échecs et ses réussites. Elles connaissent souvent des hauts et des bas car elles sont immergées dans la société locale et, à ce titre, sont traversées par les conflits  et les rapports de force au sein de ces sociétés.

Mais globalement un nouveau modèle social et économique autour de la production de café a vu le jour en Amérique latine au cours de ces 20 dernières années, basée sur une prise en charge des producteurs eux-mêmes, qui ainsi réinventent une nouvelle démocratie locale. Sans doute possible, l’émergence de ce nouveau modèle s’est appuyée sur le commerce équitable.

Aucun système qui appelle de ses vœux un changement économique et social, n’a autant fait sa preuve que le commerce équitable et le film passe tout simplement à côté de ce que le commerce équitable a réellement permis.

CE QUE VOUS AURIEZ PU VOIR SUR ARTE CE SOIR-LÀ ET QUE VOUS N’AVEZ PAS VU…

Loin de nous, l’idée de montrer une vision stylisée du commerce équitable avec les  « petits nenfants qui vont à l’école » et les « gentils pauvres »  pour qui la misère est un souvenir lointain d’un coup de baguette magique.

Loin de nous, l’idée de montrer un commerce équitable irréprochable qui ferait au moins aussi bien que nos sociétés européennes dans ce qu’elles ont mieux en termes de droits économique et social. Le point de départ du commerce équitable est une économie informelle peu structurée et marginalisée.

Et nous n’aurons de cesse de l’affirmer : le commerce équitable est un projet de transformation. Il ne s’arrête pas quand nous achetons un container. Bien au contraire, il ne fait que commencer.

C’est pourquoi nous aurions aimé suivre le combat des Haïtiens de la coopérative Feccano qui reconstruisent pas à pas la filière cacao dans un pays où la société paysanne ne bénéficie d’aucun programme d’aide. Oui, reconstruire une filière en toute indépendance en pariant sur les producteurs est long. Oui, les difficultés existent toujours. Comment pourrait-il en être autrement ?

Nous aurions aussi aimé comprendre comment la Vice-Présidente du Pérou, issue des rangs de la coopérative CEPICAFE, notre partenaire depuis 10 ans, agit au plus haut niveau de l’Etat pour que le mouvement paysan soit enfin entendu.

Oui, des sociétés paysannes, ici et là, sont en marche aujourd’hui et ce n’est pas le commerce international actuel qui permet leur émergence !

Demandons à ARTE un autre Théma sur le commerce équitable.
ARTE reste l’un des seuls espaces audiovisuels où le temps de la compréhension, de la réflexion et du débat peut s’exprimer.  

Prenons ensemble ce temps-là : le commerce équitable le mérite.
Non, le "business" du commerce équitable n'est pas sans foi, ni loi !

 

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